Après une folle journée à visiter les cascades et une virée en moto-neige (que vous pouvez retrouver ICI), notre voiture de compétition broute gentiment vers la ville de VIK, à 250 km à l’Est de Reykjavik : Veni, Vidi, VIKi…

Alors là, changement décor : exit les lykornes chevauchant les arcs-en-ciels, nous arrivons au beau milieu de paysages beaucoup plus mélancoliques : nous traversons la ville, euh le bourg, enfin la bourgardinette (bref, nous passons sous l’église perchée qui veille sur 4 ou 5 maisons) pour nous garer tout près d’une petite station service. De là, nous apercevons au loin, la plage volcanique de Vik, habillée de sable noir. La mer est déchaînée (ce qui me rappelle quelques vers que j’adore de Baudelaire « Homme libre, toujours tu chériras la mer/La mer est ton miroir/Tu contemples ton âme dans le déroulement infini de sa lame/Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer… », quelle poétesse cette Lykorne). Le soleil perce juste au dessus des quelques falaises qui se découpent au large (Dixit les doigts de Troll) et rayonne jusqu’à nous.

A ce moment précis, je me dis que ça fera un décor magique pour nos aurores boréales : bah oui, j’y croyais encore vraiment dur comme fer, je ne suis pas du genre à lâcher l’affaire comme ça (au grand désespoir de mon Viking que j’ai fait dormir toutes les nuits sans les rideaux au cas où, on n’est jamais assez prudent, oui il neige mais ça pourrait se découvrir à tout moment, blablablablablabla)…

En y réfléchissant à froid, je me dis que c’est peut-être là que j’ai perdu mes super nouveaux gants (je sais le bilan commence à s’alourdir sérieusement, après la perte d’une carte routière, l’oubli d’un maillot de bain, de la clé de voiture laissée gentiment sur le contact). Nous décidons de rentrer à notre nouvel hôtel, le soleil commence à se coucher, nous aurons la journée du dimanche pour découvrir les environs, et il faut garder des forces pour la suite !

Le dimanche matin, nous décidons tout d’abord d’aller admirer le point de vue de l’église de Vik, et ça vaut le détour: le mélange entre la neige et cette terre volcanique, entre la mer, la montagne les falaises, et cette jolie petite église au milieu de tout ça l’air de rien, c’est superbe !!

Ensuite, direction les falaises de Dyrholaey (Dire haut Alleeeeeezzzz), sous un vent à décorner des Vikings (note pour l’avenir : mettre du plomb dans mes poches pour gagner contre les courants d’air) :
La version islandaise d’Etretat en noir et blanc (le contraste entre le ciel presque blanc et les falaises vocaniques est bluffant…) nous laisse sans voix : bon je dois l’avouer, c’était l’expédition, ne serait-ce que pour ouvrir la portière ou au contraire, elle manquait de se décrocher de la voiture en fonction de la direction du vent, notre Clio a failli rendre l’âme dans une côte interminable, la route était gelée dans les virages, dès qu’on quittait nos sièges chauffants,  j’étais glacée sur place et je peinais à avancer jusqu’aux différents points de vue, mais au moins, on peut dire qu’on a mérité les paysages que nous avons vus, et ça valait le coup… Surtout que quand le soleil s’est levé, la mer s’est mise à briller et les couleurs ont totalement changé (j’ai compris ce que ça avait dû être de passer d’un écran noir & blanc aux couleurs, ouaf ouaf ouaf), le noir & blanc initial s’est transformé en bleu, jaune, vert… Ô doux miracle !!

Voilà pour cette belle quatrième journée toujours et encore pleine d’émotions, nous l’avons terminée dans la cantine de la station essence (nous avons trop flambé les premiers jours et le budget commence à se réduire comme une peau de chagrin), le repas y est très bon et moins cher !
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Demain, pari risqué : alors qu’il est tombé 10 cm de neige dans la nuit, irons-nous comme prévu jusqu’à Skaftafell ??? Et si oui, aurons-nous le courage encore de pousser jusqu’au Jokulsarlon, à 200 km de Vik  ????
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Bons baisers de la Lykorne, à très vite pour la suite !
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