Depuis quelques années maintenant, le rituel veut que je parte de temps en temps 3-4 jours avec ma sœur dans une ville européenne. Les règles ? Trouver une destination, pas trop chère, plutôt ensoleillée, avec des monuments à visiter et/ou la mer à portée de main, de quoi bien manger, se la couler douce et refaire le monde la bouche pleine de tapas, ou un verre de raki à la main, ou devant la casa Batlo, ou encore sur une plage de sable noir au coucher de soleil… Après être allées à Barcelone, en Grèce puis à Séville, nous avons donc décidé de vivre la Dolce Vita… à Rome, bien entendu !!

Berceau de la civilisation, “Rome ne s’est pas construite en un jour” à ce qu’il paraît, et en découvrant l’étendue des monuments de toutes les époques, qu’ils soient en ruine, majestueusement debout, ou même en rénovation, je comprends en effet que c’est le temps qui a façonné cette ville au gré de ses batailles, de ses victoires, de ses croyances et de son Histoire.

A peine arrivées (après seulement 2 heures de queue pour avoir un bus, s’être faites doublées 36 fois dans cette même queue… Après avoir attendu une demi-heure notre hôte en pensant qu’on s’était trompées d’adresse ;D pendant qu’un couple se disputait à l’italienne…), nous décidons de commencer notre visite par le Colisée, qui non seulement était à côté de l’appart, mais en plus venait tout juste d’être rénové (quelle chance) !

On se fait une idée d’une ville avant d’y aller et de certains monuments incontournables qu’on rêve de voir de ses propres yeux : le Colisée faisait partie de cette longue liste, j’avais vu tellement de belles images que je rêvais de pouvoir mettre un visage et un ressenti sur tous ces clichés. En arrivant, je me sens projetée au temps des spectacles de gladiateurs (si je fais abstraction des vendeurs à la sauvette qui voulaient à tout prix nous refourguer une perche à selfie.. Anachronique vous dites ?) : j’imagine alors des duels épiques dignes de grands films médiévaux (oui, alors j’imagine un peu la version Game of Thrones je l’avoue :D)…. Avec ma sœur, éblouies par ce joli spectacle sous la lumière rasante du soir, on décide de s’asseoir pour contempler cette imposante architecture, et de s’immerger de la douce ambiance qui berce paisiblement la place toute entière… Ce sera l’occasion aussi de faire un petit point guide touristique 😀 (oui, après le point pipi, le point crème solaire, il y a le point plan… Très important !). Ensuite, nous trouvons un petit restaurant vue sur le Colisée, et l’idée de le voir s’éclairer achève de nous convaincre, et nous voilà à manger nos premières pasta tomate-basilique et un Tiramisu (on commence fort), miam miam, buen appetito (no parlo un mot de Italiano…)

LE COLISEE

Après une bonne nuit de sommeil, enfin après une bonne nuit, euh non, après une nuit :D, nous voici prêtes à traîner nos Spartiates du côté du Vatican et de la Basilique San Pietro : nous prenons le métro, qui est plutôt très propre et très agréable comparé à Paris (même si les gens doublent toujours et encore pour acheter un billet…), et débouchons à côté de la Basilique. Un homme (que je pense être un guide du musée puisqu’il nous montre très vite un badge qu’on n’a pas le temps de voir mais qui fait tout de suite sérieux :D) vient nous voir pour nous expliquer comment procéder : Il y a beaucoup de queue, et il faut faire la queue deux fois, mais si on veut éviter tout ça, on peut payer chacune la modique somme de 60 euros chacune (Ahhhh, ce n’est pas ce que j’avais lu…), mais comme on a l’air sympas, il nous le fait à 50 euros (bizarre, bizarre), surtout qu’on pourra passer par un chemin secret qui nous fera accéder plus vite à la basilique (vous m’en direz tant…) après la visite du musée parce-que sinon, ça nous fait 8 km de marche (ah tiens, j’aurai parié que c’était pourtant presque collé), et blablablabla, bref je vous laisse deviner, la vieille arnaque pour touristes débutants… Et ces fameux guides étaient planqués à chaque coin de rue. Donc nous avons fait nos deux heures de queue comme tout le monde, ce qui nous a permis de lire un peu nos guides et combler nos lacunes en connaissances romaines (je crois que j’ai déjà oublié la moitié, ça parlait de Romulus et Rémus, de la fondation de Rome, de Spartacus, de guerres, de la période baroque, “tu quoque fili” (tu as des cloques mon fils) et quelques autres phrases latines que ma soeur semblait connaître par cœur… Ça m’en a bouché un coin : “a bouchum mi coinum”…).
Le musée est très impressionnant, très riche, mais étrangement, ce n’est (et de loin) pas ce que j’ai préféré à Rome : oui, il y a des sculptures, peintures magnifiques partout, et pas des moindres, parce qu’il y a quand même des peintures éblouissantes de Raphaël, Michel Ange. Je pense tout simplement que le monde a eu raison de moi, j’avais l’impression d’avancer dans des couloirs interminables à la queuleuleu, et en plus d’être fatigant, il y a un moment où les gens qui passent leur temps à se prendre en selfie devant les œuvres m’ont rendue presque irritable. La chapelle Sixtine est magnifique, j’ai été très émue de voir le “jugement dernier”, surtout que j’avais étudié l’œuvre en histoire de l’art. Mais une fois encore, il y avait beaucoup de monde et l’enregistrement qui criait toutes les deux minutes de nous taire m’a coupée dans mon état de transe artistique… Mais bon, je ne regrette pas de l’avoir fait, parce-que ça reste très intéressant, j’ai adoré la salle des cartes géographiques, et le grand escalier en colimaçon, je pense seulement que les conditions n’étaient pas optimales !

VATICAN

Après, nous avons refait un petit bout de queue pour entrer dans la basilique (apparemment, ce n’était pas le cas quand ma sœur y était allée 5 ans auparavant, mais avec les normes vigipirates, ils ont installé des portiques d’aéroport, ce qui ralentit un peu le rythme des entrées), c’est pour nous l’occasion d’observer la belle place avec sa grande fontaine au centre et de prendre quelques photos !

PLACE SAN PIETRO

Enfin, nous entrons dans la Basilique Saint-Pierre… Et là le spectacle qui nous attend est divinement éblouissant !! De grands rais de lumière traversent les fenêtres et éclairent les sculptures et peintures comme d’immenses projecteurs ! Nous nous sentons subitement baignées par la foi divine, et cette lumière dorée posée sur chaque élément que nous contemplons rajoute encore une dimension magique à cette architecture déjà monumentale : les sculptures sont immenses, les peintures fabuleuses, la Pieta de Michel-Ange est magnifique avec ses drapés qui tombent doucement vers le sol. Et surtout l’émotion est palpable, nous croisons quelques yeux humides, des prières pudiques, des sourires attendris devant tant de beauté… C’était joli à voir.

BASILIQUE SAIN PIETRO

Voilà voilà, ce sera tout pour la première partie de notre récit Romanesque, ou Romantique, ou aRomatique (j’ai épuisé mon quota de jeux de mots pourris:D), la suite au prochain épisode ! Vous découvrirez notre balade dans le centre antique, la découverte de la fontaine de Trévi, une vue panoramique du monument Alexandre II, notre balade au milieu du forum romain, une dégustation de glaces et de pâtes aux truffes, une envie pipi pressante, et d’autres follum péripétium !!