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VISITE DE LA MURAILLE DE CHINE – MUTIANYU

La muraille de Chine, rien que le nom résonne en moi comme si je prononçais un mot sacré : entre émerveillement de par sa représentation physique, cette fortification gigantesque qui serpente sur 9000 km (en incluant les murs, les tranchées et les barrières naturelles telles que les montagnes ou rivières) et laisse son empreinte vieille de plusieurs millénaires… Mais également entre horreur si on en compte le nombre de vies qu’elle a prise pendant sa construction, et les conditions atroces dans lesquelles ont travaillé des milliers d’ouvriers… Certains disent même que c’est un cimetière à ciel ouvert !

Pour la toute petite note historique, ce travail titanesque a commencé au 3ème siècle avant Jésus Christ, sous la dynastie Qin ; Il existait déjà des bouts de muraille érigés ça et là pour se protéger des invasions ; c’est l’empereur Shi Huangdi qui eut l’idée de relier tous ces tronçons pour en faire une immense fortification. Mais elle ne prit l’apparence qu’on lui connaît aujourd’hui seulement sous la dynastie des Ming (1368-1644).

La muraille de Chine a eu plusieurs vies : elle a donc servi en premier lieu de protection contre les barbares, puis de route de transports pour la marchandise ; de nos jours, elle constitue surtout un témoignage bouleversant sur ce que les hommes sont capables de construire de leurs propres mains et l’empreinte qu’elle peut laisser à jamais sur un paysage, sur des peuples et des civilisations entières…

Aujourd’hui c’est grâce au tourisme qu’elle a encore une nouvelle vie ; nous la visitons, nous marchons dessus, doucement, silencieusement, presque religieusement, comme pour protéger ses secrets enfouis pour la nuit des temps…. Et pourtant aussi merveilleux soient ces moments, je ne suis pas certaine d’en saisir toute la portée !

C’est donc dans le but de voir ce lieu mythique de nos propres yeux que nous avions décidé de passer par Pékin avant de remonter vers la Mongolie puis la Sibérie : je rêvais depuis de longues années de la découvrir, même si j’ai appris il y a peu de temps que contrairement aux idées reçues, on ne la voit pas de la lune (je ne sais plus pour quelle excuse valable, du genre, elle n’est pas assez large ou un truc comme ça… Le choc, c’est un peu comme si on m’avait dit que la terre n’était pas plate, la blague !).

Avant que ce rêve ne devienne réalité, je me suis donc renseignée sur les parties à visiter et laquelle choisir ; évidemment, le choix peut paraître périlleux à première vue, mais n’ayant pas beaucoup de jours sur place devant nous, je me suis arrêtée sur les tronçons faisables depuis Pékin. Comme nous y sommes partis en hiver, il y a certaines lignes de bus qui ne marchaient pas, c’est pourquoi nous avons fait au final une excursion proposée par notre hôtel, pour des prix très raisonnables, et nous étions autonomes une fois sur place, c’est ce qui nous importait le plus ! J’ai suivi les conseils de mon ami de longue date Routard et nous avons évité d’aller à Badaling (le plus proche de Pékin donc blindé de touristes ahhhhhh). Nous sommes donc allés sur le site de Mutianyu, c’est assez calme l’hiver (mais si vous y allez l’été, Jinshanling ou Simatai sont peut-être encore plus tranquilles, et certaines parties ne sont pas rénovées, ça doit avoir un certain charme), et ça avait l’air assez joli d’après les photos que j’ai vues !

MUTIANYU

Nous voici donc installés mal réveillés (bah oui, 7h du matin…)  et avec nos brioches sucrées dans le bus en partance pour la grande muraille !! Le guide nous explique quelques trucs en anglais mais avec un accent que je ne comprends pas ; j’interroge du regard mon Kung Fu Viking pour voir s’il a saisi… Visiblement, nous sommes sauvés, il a compris la partie qui concernait notre déjeuner (vous allez finir par penser que je suis en couple avec un estomac sur pattes, j’avoue j’en rajoute un peu, mais ça m’amuse) !  Peut-être que s’il avait parlé de Lykornes chevauchant des arcs-en-ciels, j’aurai compris aussi !

Sur le trajet, nous sommes d’abord sur des énormes routes avec plein de voies, des gros complexes en construction, des enfilades d’immeubles très hauts sur des km et des km ; puis les routes se rétrécissent, il y a de plus en plus d’arbres (ils sont tous peints en blanc en bas, on ne sait toujours pas pourquoi, j’avais dit que j’essaierai de percer le mystère ; ce sont peut-être des forêts de Mikados chocolat blanc…). Nous commençons à scruter les montagnes à la recherche de la muraille de Chine, mais elle ne daigne pas encore s’offrir à nous… Enfin nous traversons des petits villages qui sembleraient presque abandonnés si on ne croisait pas de temps en temps, un vieillard chinois sur le seuil de sa maison, ou des enfants qui jouent dans une ruelle. C’est ça aussi le choc des cultures, de se rendre compte que les conditions de vie ne sont pas du tout les mêmes d’un endroit à l’autre de la planète. Et cela m’amène aussi à m’interroger sur notre façon ultra matérialiste de vivre… Il y a sûrement un juste milieu entre ces deux mondes ; et vivre plus simplement, sans être dans la surconsommation, ça aurait peut-être du bon… C’est surtout étonnant de constater que ces villages à deux pas de la grande muraille ne profitent pas de l’attrait touristique des lieux pour se développer…

Pas le temps de réfléchir plus loin, notre bus s’arrête, nous sommes fins prêts a gravir les quelques derniers km qui nous séparent de la grande muraille de Chine… Notre guide nous laisse ici pour 3 heures, nous nous rejoindrons ensuite pour manger des chinoiseries tous ensemble. Un énième choix s’impose, nous pouvons monter pour accéder à la grande muraille de deux façons ; à pieds ou en téléphérique. Le pied de mon Viking étant toujours un peu douloureux, je lui propose plutôt de faire l’aller retour en téléphérique pour pouvoir profiter à fond une fois arrivés sur la muraille. Note pour le futur, ou pour les lecteurs qui souhaiteraient visiter le site de Mutyaniu ; Ils ne prennent pas la carte bleue sur place… En deux gros losers touristes de base que nous sommes, nous nous sommes donc fait avancer la place pour les téléphériques par notre guide qui, d’un geste salvateur a généreusement allongé les Yuan…

Une fois dans le téléphérique, c’est seulement là que nous commençons à voir apparaître la grande muraille de Chine, et c’est donc dans l’euphorie la plus totale que nous arrivons dessus ! A chaque voyage, il y a des temps particulièrement forts, au moment où j’ai posé le pied dessus, j’ai pris conscience que celui-ci en faisait partie. La fortification fait de 5 à 7 mètres de large, et nous la voyons serpenter à travers les montagnes jusqu’à l’infini : c’est à peine croyable ! Le ciel est bleu,il fait doux, on devine quelques petits moutons de neige dans les parties ombragées… Par endroits, des noms ou des dates sont écrits au feutre, ou gravés dans la pierre ; une façon de s’approprier les lieux et d’inscrire l’instant présent sur le témoignage du passé.

muraille de Chine

muraille de Chine

muraille de Chine

Les reliefs montagneux se découpent peu à peu, les arbres encore nus étirent leurs branches tout autour de nous, je touche les pierres comme pour me persuader que je ne suis pas entrain de rêver… Une jeune fille au téléphone crie sa joie d’être là dans le combiné « dou youuuuuuuuu beliiiiiiiiiive miiiiiiiii » « looooooooook » en agitant son téléphone dans tous les sens (je pense que la personne à l’autre bout du fil vomit)… Un monsieur suant au bout du rouleau s’arrête avant une côte en implorant sa femme (je l’ai baptisée « dragonne ») de rebrousser chemin (les premiers français qu’on croise) « j’ai soiiiif », j’en peux pluuus », « je vais tomber dans les poooooommmmes » ; sans aucune pitié, elle l’attrape rageusement par le bras et l’entraîne en maugréant (elle crachait des flammes) « arrête ton cinéma… »… Fuis monsieur, fuis….

muraille de Chine

muraille de Chine

Les 3 heures de promenade sont passées bien vite, rythmées par des  « Ohhhhh » « Whouaaaaaaa » « C’est fou » et autre champs lexical de la surprise, la joie et l’émerveillement à chaque virage, changement de luminosité, chaque tourelle…

Nous reprenons donc le téléphérique (apparemment il est aussi possible de redescendre en toboggan, mais nous ne l’avons pas fait) et rejoignons notre petit groupe et accessoirement notre guide pour déjeuner des spécialités chinoises dans un restaurant ; c’est en mode buffet et nous goûtons pas mal de saveurs différentes, des plats plus ou moins relevés, c’est très sympa ! C’est aussi le moment d’échanger ses impressions et de discuter avec les touristes assis autour de la table ; je comprends des « I loooooooove Labraddooooooor », puis des photos de chiens traversent la table avec des « ooooo sooooo kiouuuuuuuteeeee », puis nous essayons de nous mêler à une conversation dans notre ingliche approximatif avec un monsieur australien et une jeune étudiante allemande ; nous parlons nourriture, voyages, puis étrangement politique (oui, je ne suis pas très branchée politique)…

Notre virée sur la muraille de Chine est terminée, nous rebroussons donc chemin vers Pékin, où nous nous acquittons de nos dettes envers notre guide en guise de remerciements…

muraille de Chine

muraille de Chine

muraille de Chine

 

muraille de Chine

Pour notre dernière soirée chinoise, nous mangeons des pizzas ; pas très local, mais ça nous permet de rester dans le bar de l’hôtel et de bien nous reposer avant la journée du lendemain qui promet d’être chargée. Nous visiterons les quartiers traditionnels chinois avant de nous envoler vers la Mongolie !

A bientôt donc pour la suite de nos aventures chinoises, et pour ceux qui ont raté le début de notre séjour à Pékin, la découverte du Parc de Beihai et la mythique Cité Interdite c’est par ici !

INFORMATIONS PRATIQUES MURAILLE DE CHINE SECTION MUTIANYU
District de Huairou, Chine – Tél : +86 10 6162 6022
Ouverte tous les jours de l’année, de 8h30 à 17h (8h30 à 16h30 de novembre à mars)
TARIF : 45 CNY
Plus d’infos sur http://www.mutianyugreatwall.com